Découvrir Istanbul hors des sentiers battus

Les vrais lieux phares d’Istanbul sont visités par peu de touristes étrangers qui restent souvent cloîtrés à l’hôtel. D’une rive à l’autre, la vraie ville est alors remplacée par une image artificielle. C’est cette dernière qui est pourtant visitée par presque tous les touristes du monde venus voir la Basilique Sainte-Sophie, monument phare de la ville. Afin que votre séjour à Istanbul soit un succès, voici comment visiter la ville.

Suivre un circuit insolite pour visiter Istanbul

Commencez par visiter les quartiers particuliers, puis les banlieues alternatives pour finir par passer le reste de votre séjour dans de beaux hôtels pour ensuite découvrir les attractions incontournables de la ville est une forme de voyage insolite, mais c’est une expérience intéressante. C’est un “voyage à l’inverse” pour découvrir Istanbul. Vous tomberez ainsi amoureux de cette ville millénaire pour sa ligne d’horizon, ses contrastes éblouissants et la lumière chaude de ses mosquées, du palais de Topkapi ou des nombreux autres lieux où faire des visites.

En vous échappant de Sultanahmet ou du musée archéologique d’Istanbul, abandonnez le centre et les sites touristiques de départ et dirigez-vous vers les quartiers les plus authentiques. Pour ne pas se perdre, faites appel aux services d’un guide passionné qui peut vous faire connaître des quartiers ou des régions peu fréquentés par les touristes, c’est extrêmement fascinant.

Les régions de Fatih, Vader et Balat sont certainement les plus riches en histoire selon l’avis général de ceux qui sont allés d’une place à une autre. Ce sont les plus fascinantes et les plus caractéristiques de tout Istanbul. C’est précisément pour ces raisons qu’ils sont inscrits sur la liste des sites inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO.

L’autre face d’Istanbul

En effet, l’industrie du tourisme met en œuvre une réduction stéréotypée des sites touristiques de la ville afin de maximiser ses profits si les personnes passent de cours séjours à Istanbul. Après un vol venant d’Europe ou d’ailleurs, les étrangers visitent la région de Sultanahmet, font un tour sur le Bosphore lors d’une croisière en bateau et mangent du kofte. Puis, ils disent qu’ils ont visité Istanbul ou même qu’ils sont allé en Turquie. Or, ce n’est pas en visitant uniquement les Champs-Élysées à Paris que vous pouvez dire que vous avez tout vu de la capitale française.

Pour éviter de tomber dans ce genre de piège, à quelques arrêts de bus d’Eminönü, vous pouvez commencer à parcourir la vraie ville et à rencontrer ses habitants. Pour comprendre pleinement l’histoire et la culture d’Istanbul, des quartiers où les peuples et les religions se sont mélangés et superposés au fil du temps, mettant en évidence et apportant à l’heure actuelle une extraordinaire richesse d’architecture, de monuments religieux, de couleurs et de délices gastronomiques, 3 quartiers, situés dans les murs de la vieille ville et qui surplombent la Corne d’Or sont impérativement à visiter.

Si vous n’êtes pas accompagnés de guides qui les connaissent, il n’est pas facile de profiter pleinement de tous les attraits de ces quartiers. Non pas, parce cela en va de votre sécurité, mais parce qu’ils ne sont pas conçus pour accueillir les touristes. Il n’est pas facile de trouver des monuments au détour des ruelles, de s’orienter dans le labyrinthe des maisons ou d’effectuer d’autres activités si vous vous perdez.

Fatih

Fatih est certainement l’un des quartiers les plus “conservateurs” d’Istanbul, car c’est le quartier où il y a le plus de vieilles bâtisses religieuses. Dans les rues de la zone du marché Malta Çarsi, qui était autrefois le marché des esclaves, remplacé aujourd’hui par des produits en tout genre, il vous faut plusieurs minutes pour en faire le tour. C’est là où vivent des immigrants des régions de l’Extrême-Orient anatolien qui ont apporté avec eux de nombreuses traditions culinaire de leurs régions. C’est le centre gastronomique de la ville. Les kiosques sont spécialisés en kebap, pide, sarma, köfte, et les prix sont très bas.

Là vous pouvez visiter l’ancienne mosquée qui se dresse sur l’église des Saints-Apôtres et qui abritait les tombes de nombreux empereurs. Mehmet, le conquérant, y a construit une grande mosquée avec de nombreuses annexes, dont 8 medersas et un hospice. Là, il est encore possible de voir les anciens vestiges de la mosquée originale, détruite par un tremblement de terre, des années auparavant. Les éléments de portique, la fontaine, l’entrée principale, le mihrab, les tuiles d’Iznik et les plaques de marbre calligraphiées sont encore présents sur le site. L’intérieur est lumineux car de grandes et nombreuses fenêtres décorent cet endroit de manière incroyable.

Fener

Fener est le quartier grec historique. Là, les traditions de cette ville sont palpables en se promenant dans les ruelles séculaires. On peut voir le contraste entre les maisons ottomanes restaurées et colorées et les anciennes constructions en ruine. Entre les maisons juives et celles où vivaient les catholiques, elles ont toutes des styles particuliers et reconnaissables. Après un tour du bazar d’Istanbul, il est intéressant de s’y promener. Le plus beau, ce sont les enfants qui jouent dans les rues. Ils ne craignent pas les touristes.

À Fener, le bon endroit pour manger est Pavita. Cette cafétéria familiale propose des plats divers allant du petit déjeuner à l’apéritif. Chaque préparation est en accord avec la culture gastronomique turque. Comme dans un restaurant asiatique typique, la viande et les légumes sont achetés dans les magasins locaux. Le pain est cuit par le propriétaire et le restaurant ne sert pas d’alcool. Demandez à goûter : le kofte de viande, les boulettes d’aubergines ou de courgettes. Ce sont des mets d’exception qui sont typiques de la ville. C’est comme manger des plats traditionnels du sud de l’Italie qui ont des goûts ethniques et profondément moyen-orientaux. En allant au-delà des circuits touristiques habituels et en se laissant transporter par ceux qui connaissent les réalités de cette ville, vous serez charmé.

Vader

Si vous voulez profiter de la vue, montez le pittoresque escalier qui mène au sommet de la colline de Vader, où passaient autrefois les murs de l’ancienne Constantinople, et c’est là que se dresse une église, inconnue du plus grand nombre, mais d’une importance fondamentale dans l’histoire de la ville. Il s’agit de la splendide église orthodoxe de Santa Maria dei Mongoli, également connue sous le nom d’Église rouge. Dans le quartier de Vader se trouve également l’un des lieux les plus importants de la religion chrétienne, le Patriarcat œcuménique de Constantinople, l’équivalent de la basilique Saint-Pierre à Rome pour la religion chrétienne orthodoxe. L’importance historique et symbolique de ce lieu est énorme.

Balat

Balat est le beau et décadent quartier juif qui a été laissé inhabité à cause d’un fort tremblement de terre à la fin des années 1800. Après 1960, elle a subi une profonde transformation, passant d’une zone extrêmement riche à une zone d’immigrants des classes sociales inférieures. Récemment, un ambitieux projet de réaménagement de ce quartier est parrainé par l’UNESCO. La frontière subtile entre une splendeur dégradée et une ville qui se développe par rapport à son temps produit un contraste éblouissant. En arrivant au sommet de Balat, on entre dans un parc d’où l’on peut admirer une vue imprenable sur la Corne d’Or. Ce quartier, où se trouvent 3 synagogues dont la belle synagogue d’Arhida, est très attractif. Pour visiter ces lieux sains, dans la journée, en semaine, il faut avoir pris contact avec le rabbin.